Je me suis baladé dans les rayons. Alors l’idée m’est venue de piquer. Pour m’excuser: il faudrait bien que j’y vienne un moment ou l’autre, autant avoir déjà la main. Ce n’est pas un complet mystère, nous avons pas mal chapardé tous ensemble, pour le principe et pour se faire plaisir. Mais toujours à plusieurs et jamais dans les grands magasins. Seul c’est différent. L’ennui c’est que je n’arrivais pas à trouver quoi voler. Rien ne m’intéressait vraiment. Il fallait tout de même que ça me soit utile. Je devais avoir besoin de plein de choses, puisque je n’avais rien. Eh bien, c’est bête; non. Ni besoin ni désir: étais-je donc comblé? Et puis il ne fallait tout de même pas que ça m’encombre… J’étais presque à renoncer, mais je me rendais bien compte que ne trouver rien était un peu une façon de me défiler, habilement.

Mon vieux, maintenant que tu as eu l’idée, tu ne sortiras pas de là les mains vides. C’est trop commode de jouer les ermites. En passant devant les mouchoirs, je découvris que je n’avais pas le mien. Il faut un mouchoir, non? Je pouvais avoir envie de me moucher. Du reste, l’envie m’en venait. Bon alors, tu en prends un. Tu as besoin d’un mouchoir, ils sont là, tout va bien. Personne ne s’occupait de moi, la fille du stand était après une bonne femme, me tournant le dos, si j’avais voulu attirer son attention j’y serais arrivé, une autre arrangeait des chaussettes, on se serait senti plutôt abandonné que surveillé. Je le pris, j’en fis une boule dans ma main et je poursuivis mon chemin la tête haute. Un peu plus loin je fourrai ma main dans ma poche. Le tire-jus était englouti. Au stand suivant je demandai à la femme où je pourrais trouver une courroie pour attacher mes livres, je les désignai, les deux mains visibles. Dans l’autre magasin. Je remerciai poliment et me dirigeai d’un pas ferme vers la sortie. Passé la porte les inspecteurs ne peuvent plus vous agrafer, vous pouvez leur dire que le truc est à vous depuis votre baptême, du moins à ce qu’on dit. Je marchai.


1. Où cette scène a-t-elle lieu?
(a) Dans un magasin
(b) Dans un gymnase
(c) À l’école
(d) Dans un aéroport

2. Quelle idée est venue à l’esprit du narrateur?
(a) De choisir quelque chose à acheter
(b) De se plonger dans le mystère
(c) De se mettre en forme
(d) De voler à l’étalage

3. Selon l’auteur, pour quelle raison fait-on ce genre d’activité?
(a) Simplement pour s’amuser
(b) Pour combattre l’ennui
(c) Pour frimer auprès des camarades
(d) Pour s’excuser

4. Quelle est l’expérience antérieure du narrateur?
(a) Il a souvent chapardé seul.
(b) Il a toujours piqué en groupe.
(c) Il a toujours trouvé que cette activité était ennuyeuse.
(d) Il n’avait pas encore éclairci le mystère.

5. Le narrateur voulait choisir un objet
(a) Qui était encombrant
(b) Dont il avait besoin
(c) Qui était bête
(d) Qui l’intéressait

6. Pourquoi le narrateur allait-il renoncer à son idée?
(a) Parce qu’il était seul
(b) Parce qu’il s’est rendu compte que c'était une erreur
(c) Parce qu’il n’était pas bien habile
(d) Parce qu’il ne trouvait rien

7. Dans le deuxième paragraphe, à qui s’adresse le narrateur?
(a) Au lecteur
(b) À un camarade
(c) À la police
(d) À lui-même

8. Pourquoi le narrateur a-t-il choisi un mouchoir?
(a) Parce qu’il n’en avait jamais eu un
(b) Parce qu’il pourrait s’en servir
(c) Parce que la fille du stand était occupée
(d) Parce qu’il se sentait abandonné

9. Comment le narrateur caractérise-t-il l’attention prêtée par les vendeuses?
(a) Elles le surveillent.
(b) Elles se tournent vers lui.
(c) Elles l’abandonnent.
(d) Leur attention est entièrement sur lui.

10. Qu’est-ce qui caractérise ce passage?
(a) Le dialogue
(b) Les sentiments du narrateur
(c) La peur dont souffre le narrateur
(d) Le besoin d’un jeune homme pauvre

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